12 décembre 2011

Immobili(sm)e/r


Je ne m'imagine pas un instant que Vancouver est pire ou meilleure que d'autres villes, à part bien sûr en ce qui touche au marché immobilier. Mais peut-on alors restreindre la ville à un seul problème ou à ne dire qu'il n'y a qu'un problème ici? En quoi ce problème de l'immobilier est-il ou non un problème. L'est-il qu'en surface ou s'agit-il d'un problème plus sérieux? Difficile à déterminer sans une étude précise avec des paramètres où l'on pourrait comparer aussi ces résultats à un autre ville.

Tout à l'heure je suis tombé sur un site où l'on nous donne les prix moyens des propriétés vendues dernièrement du côté de Boston qui est tout de même aussi un marché prisé. Ainsi dans les quartiers centre de Boston la moyenne du prix de vente se situe à 700 000 $ et plus, tandis qu'à Vancouver la Chambre immobilière de la Ville nous apprend que le prix moyen à l'est de Main Street est de 850 000 dollars et à l'ouest de Main, il est de... 2 millions! Je n'avais pas idée a priori de comparer Boston à Vancouver, car la grande région de Boston frise les 7 millions d'habitants, alors que Vancouver a environ 2,5 millions pour le même scénario. Boston est somme toute à bien des égards une ville beaucoup plus intéressantes que Vancouver qui est assez prétentieuse. C'est décevant et je suis persuadé que cette réalité de l'immobilier insécurise un paquet de monde qui se sentent menacés, car désormais dans beaucoup de quartiers, personne n'est à l'abri d'éviction et de chantage de toute sorte pour se faire déloger. Je n'invente pas ça. Je le lis et le constate. J'ai vue des quadrilatères complets de maisons se faire vider pour être éventuellement démolis et remplacées par des condos, townhouses et tours d'appartements hors de prix.

Vision Vancouver sets its sights on the city's housing crisis, Georgia Straight, by Charlie Smith, December 8, 2011
Pourquoi me fais-je du mouron pour cela? En effet... C'est que je m'aperçois ici plus qu'ailleurs de l'importance de la sécurité. Nous cherchons tous à sécuriser le moindrement nos existences et si l'un des aspects fondamentaux de cette sécurité - à savoir un toit - se voit constamment menacé de tous bords (hausse effrénée des taxes, hypothèque trop lourde, spéculation et pression dans le quartier, etc.) cela ne crée pas une ambiance idoine à planifier la longue durée tant en terme de créativité, que de fonder un foyer/famille.
Si j'avais les moyens je demanderais à la cour suprême si la stipulation dans la constitution que le gouvernement ne doit pas atteindre à la sécurité des citoyens, le fait de ne pas intervenir dans un dossier tel le logis ne constitue pas de la part de l'État une négligence des ses obligations! C'est certes un questionnement de luxe dans un monde qui s'entredéchire. Notre situation est incomparable à ce qui a pu se passer par exemple à Pékin/Beijing ou Shanghaï ou partout ailleurs au XXe siècle et maintenant. Mais si l'on veut construire une ville qui soit autre chose qu'une "commodité" sur les marchés financiers, il faudrait se rappeler qu'une ville est habitée, ce qui peut paraitre stupide mais qui est à l'image de tous ceux et celles qui "font" dans l'immobilier. On ne peut pas dire que ce soit des bonzes de l'anthropologie sociale. Un dialogue sera-t-il jamais possible entre les uns et les autres afin que les villes se développent avec un peu plus d'intelligence?

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