10 décembre 2011

Résolument trop négatif


OK OK! Je l'admet de mon propre chef: je suis négatif en ce moment :) Mais je suis un enfant de coeur semble-t-il a côté de Douglas Coupland qui lui est inqualifiable: ironique? cynique? prophète de la fin du monde avec feux d'artifice?
"Ton problème Marc, c'est que tu vis dans Kitsilano. Ta vision du monde est déformée", me dit la cheffe au boulot hier, elle-même qui songe à quitter Vancouver, alors qu'elle en est native, pour aller s'établir peut-être à Nelson, une bourgade au nord, très tendance en ce moment.
C'est vrai que je suis à Kitsilano, un peu comme j'étais dans le Mile End à Montréal car c'est l'équivalent grosso modo, quoique les équivalences sont difficiles à établir. Tant qu'a ça on pourrait dire que Belleville est l'équivalent parisien du Mile End et vice versa, etc.
Peut-être en suis-je à ce point devenu incapable de tolérer la "ville" quelle qu'elle soit: j'en avais marre de Montréal, Québec me sort par les oreilles et Vancouver me donne de l'urticaire. Serais-je devenu ringard ou conservateur ou traditionnaliste? Il ne me semble pourtant pas si je prends en considération ce que j'ai fait ces dernières années.

Hier après-midi je me suis retrouvé derrière l'aéroport dans l'immeuble d'une entreprise que je nommerai pas. Ce fut une expérience pour le moins décevante avec le passage aux détecteurs, la saisie du téléphone et d'une pièce d'identité pour la durée du séjour dans les lieux, pour une stupide entrevue pour un job à temps partiel, temporaire et mal payé. De quoi hurler. Mais ce niveau d'absurdité est le lot quotidien de bien des gens.
Mon seul plaisir dans cette histoire et d'avoir pu discuter allègrement avec ma voisine de banquette dans le métro au retour. Elle est taïwanaise et je me suis introduit à elle par une réflexion que m'inspirait les bruits des roues sur les rails dans un long tournant dans le tunnel qui contourne Queen Élizabeth Park: "ces bruits seraient parfait pour un film d'horreur", lui dis-je. J'avais fait le pari qu'elle me répondrait. "Oui, c'est vrai. C'est très évocateur de cela", a-t-elle ainsi acquiescée. Puis j'ai continué en lui parlant des métros, de l'allure des gens dans chaque ville. Éventuellement, elle me parlera du métro de Taipeh qui sort de terre en quittant la ville et qui donc devient aérien, un peu comme celui qu'on a conçu pour Vancouver. Bref ce fut une belle discussion qui l'on aurait pu poursuivre devant un café quelque part auquel je l'aurais convié si je n'étais pas descendu à "Olympic Village" pour prendre le bus vers chez moi sans faute, car je travaillais 45 minutes plus tard. Elle semblait ravie de la conversation, me dit "merci et ce fut fort agréable". Bref, il y a espoir. Je n'ai que très rarement fait de telles tentatives de conversations dans un wagon de métro. Je dois avouer que les gens qui sont dans celui de Vancouver sont vachement relaxes et dégagent des regards sympathiques en général. On a vraiment envie de converser avec beaucoup. La jeune Taïwanaise à mes côtés n'avait rien de particulier sinon sa simplicité. Elle n'avait pas cet air prétentieux des jeunes femmes qui se croient si belles et intelligentes qu'on n'oserait même pas leur adresser la parole.

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