29 décembre 2011

Un après-midi


L'un des nombeux postes de bouffes sur roues à Vancouver

Il me faillait aller au centre-ville aujourd'hui, ne serait-ce que pour en finir avec une signature apposée au bas d'un document qui confirme de la sorte que j'ai un certificat de sécurité du fédéral afin de travailler éventuellement au sein du gouvernement, mais pas à 10,50 $ l'heure. On verra.
Je fis d'une pierre trois coups afin de maximiser mon séjour là. J'ai vécu dans le centre-ville de Vancouver déjà et là, comme je suis dans Kitsilano, l'autre côté du pont, je trouve pénible de traverser. Ça prend environ 20 minutes à pied!
Comme il pleuvait un peu, j'ai décidé de prendre le bus pour m'y rendre. Quelle paresse! Peu importe. Je suis descendu Granville/Georgia, là où se trouve une entrée du Skytrain, le métro de Vancouver; là aussi où au XIXe siècle on a coupé le plus grand arbre du coin qui faisait 100 mètres de hauteur.

Je suis d'abord allé à la bibliothèque pour tirer sur papier un pdf qui m'avait été envoyé d'Ottawa. Puis je suis allé quelques rues plus bas sur West Pender le porter aux bureaux de l'agence. Je ne sais pas ce qui se passe entre la femme de l'agence et moi mais c'est un peu rigolo.
En ressortant je suis passé par la rue Richards que j'avais emprunté un peu plus tôt, cette fois pour aller au Marble Arch Hotel, où j'avais séjourné tout de même trois mois entre février et mai 1981 à 200 $ par mois, une aubaine. Eh bien, parlant d'aubaine, une chambre se loue 375$ par mois là, en plein centre-ville de Vancouver en 2011. Cependant il faut obtenir une espèce de mandat du gouvernement pour y loger désormais car l'endroit est un de ces hôtels où la Ville de Vancouver placent les itinérants et autres personnes qui autrement seraient sans-abri pour sûr dans une ville ou tout se transigent dans les sept chiffres. C'est le montant maximum que le gouvernement paie pour l'hébergement dans le régime d'aide sociale.

Plus tôt, la semaine dernière, j'avais découvert qu'il y avait un Dollarama à Vancouver! De quoi pas se sentir dépaysé! Alors j'y suis allé pour cherche des clips pour tenir le papier qui est un tit cadeau que je fais au resto où je travaille pour tenir les linges qui permettent à la bouffe de rester au chaud. Il faut toujours que quelqu'un tiennent les linges et je trouve ça aberrant. Alors les clips vont faire en sorte que les linges vont se tenir seuls. Et un carnet de notes car le mien est disparu. Et des crayons.

Atrium de la bibi
Après, je suis retourné à la bibliothèque l'une des raisons pour lesquelles je resterais à Vancouver, tellement le lieu est fantastique; l'immeuble et les collections: deux millions de documents soit l'équivalent de la Grande Bibliotheque a Montréal.

Autre angle de la bibi: dehors, dedans

Rayons des fanzines à la bibi
Là j'ai à la fois fait la razzia dans les nouveautés et pris des titres aux rayons du rez-de-chaussée de cet bibliothèque qui a quelque chose comme sept étages.

Create your Own Economy
Tyler Cowen
Create your Own Economy
The Path to Prosperity in A Disordered World

RAIN Journal/zine (no.4)
Radical art in nature

Maria De La Guardia
Utility Sketchbook (BD)
2006

Aliza Sherman
The Complete Idiot's Guide to Crowdsourcing
2011

Dean Rader
Engaged Resistance
American Indian Art, Literature, and Film from Alcatraz to the NMAI
2011

Christian Bobin
La dame blanche
2007

Invisible
By Auster, Paul
Livre lu par l'auteur
2009

Ronald N. Harpelle & Bruce Muirhead
Long-term Solutions for A Short-term World
Canada and Research Development (Book - 2011)

Roy Miki
Mannequin Rising
2011

Compiled by KET
Street Art - The Best Urban Art from around the World
2011


Un autre immeuble ancien voué à la démolition, House of Stein. Jean-Louis Dubé de CKRL et moi passions souvent devant celui-ci en 1981.

Patinoire de Robson Square, sous la rue
Après peut-être deux heures dans le lieu, je quittai et passai par Robson Square pour voir si la patinoire fonctionnait en ce jour où le mercure a grimpé à 12°C. Eh bien en effet. C'est mordant de voir tous ces néo-Canadiens issus de l'immigration, des patins au pied.

Ça c'est vraiment très intéressant. Les Indiens, les Malais, les Pakistanais, les bengladeshis et autres Srilankais faire du patin, sans parles des Chinois et des Japonais. Les filles aussi bien sûr. Tellement jolies.

Campagne de financement éclairée de St.Paul Hospital
Éventuellement, je quittai et me dirigeai vers le pont Burrard pour m'en retourner dans mon Kitsilano chéri. Au croisement de Pacific Avenue, il y avait là une sacrée belle blonde qui allait prendre le pont à pied en même temps que moi. Je suis toujours étonnée de la vitesse de marche des filles. Je ne sais pas si c'est la configuration de leurs corps qui leur permet de speeder à ce point. Je soupçonne que les jambes des filles ne sont pas arrimées aux hanches de la même façon que chez les gars, ce qui leur permet de développer des enjambées hallucinantes. J'avais le même problème à Québec l'hiver dernier quand les filles avec lesquelles j'étais sur le trottoir à discuter me dépassait systématiquement. Je devais leur demander de diminuer leur rythme. En tout cas celle-là me dépassait tant que près de cents mètres se sont mis à nous séparer. Et pourtant je ne suis pas une tortue. A la mi-chemin du pont, ce qui jusqu'alors n'était qu'un crachin se transforma en trombes, ce qu'un simple parapluie n'allait pas arriver à esquinter. Je finis donc par me retrouver chez moi les chaussures et les pieds trempes. Moins d'un heure plus tard, les étoiles dans le ciel apparaissaient comme souvent ici le soir; après une journée de grisaille.

En plus de cela, il y a France Culture qui ne me quitte pas avec notamment L'Éloge du savoir et cses conférences de Gérard Fussman, titulaire de la Chaire d'histoire du monde indien au Collège de France, consacrées au Gandhara, territoire immense de l'Inde ancienne:
Depuis une vingtaine d'années, un certain nombre de manuscrit en karochti ont été déposés au British Museum. Ils provenaient très certainement de la région de Jalalabad, en Afghanistan. Mais d'autres textes avaient été également découverts dans la région du Gilgit, dans celle du Bâmiyân ou encore dans le Badgaour. Ces textes dont quelques-uns étaient issus d'un fonds pillé au musée de Kaboul et d'autres trouvées dans des grottes formaient rarement un corpus entier. Issus de fouilles clandestines, découverts dans des lieux où nul ne peut accéder car trop dangeureux, même pour l'armée - ils avaient été mis en vente par des antiquaires de Peshawar. Certaines étaient écrits sur des feuilles de palmiers, d'autes sur du cuivre, d'autres encore sur de l'écorce de bouleau enroulée et parfois déposé dans de vieux vases fermés.
Gérard Fussman, titulaire de la chaire d'histoire du monde indien (Collège de France) qui a consacré cette série de cours dont nous entendrons les derniers ce soir "Au Gandhara, terre de passages, d'échanges et de création" nous a longuement parlé de l'histoire de cette région qui fut l'une des plus ouvertes et des plus cosmopolites du monde de l'Inde ancienne et qui englobait dans son territoire l'Inde actuelle et la Pakistant bien sûr, le Sri Lanka et le Bengladesh, mais aussi une grande partie de l'Afghanistan et de la Birmanie.
Le Gandhara, situé à l'un des principaux carrefour entre l'Asie et l'Europe fut le lieu de tous les brassages de langues, d'arts, de cultures et de religions: hindouïsme, mazdéisme, religions grecques, mais aussi haut-lieu du bouddhisme, toutes les identités s'imprégnaient les unes des autres et étaient, pour reprendre l'expression de Gérard Fussman, mâtiné de. Même sa langue le gandhari était "mâtiné de".

Découvert dans le Gandhara et ses environs, les manuscrits bouddhiste que Gérard Fussman nous a longuement présenté dans le cours d'hier sont soit déjà publiés, soit en voie de publication par des équipes d'érudits internationaux. La méthode utilisée pour les établir est évidemment le comparatisme avec les autres textes du corpus bouddhiste, soit en pali, soit en chinois mais nous tenons là très probablement les manuscrits génériques qui subiront bien entendus des variantes, des aménagements et des ajouts au cours des siècles. De quand datent-ils? Certains du premier siècle de notre ère, d'autres à peu près du 6e siècle, comme l'expliquait Gérard Fussman, la datation au carbone 14 n'est jamais vraiment très précise. Mais la paléographie permet de savoir sous le règne de qui les textes furent rédigés. Ces textes, que nous apprennent-ils exactement? Que permettent-ils d'éclairer de notre connaissance du bouddhisme? (Texte d'intro de Christine Goémé)

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]

Liens vers ce message:

Créer un lien

<< Accueil