dimanche 1 septembre 2013

Bourde de communication et arrogance

Si au départ, on n'avait pas sorti ce vocable de "Charte des valeurs québécoises", les choses auraient été moins incendiaires... Mais comme à son habitude le PQ et Pauline Marois "se mettent le pied dans la bouche", comme disent les Anglais. On aurait pu dire que "le gouvernement considère ajouter au Code civil des articles au sujet des accommodements raisonnables". On s'y attendait depuis la remise du rapport de la Commission Bouchard-Taylor. Pas d'quoi fouetter un chat-là. C'est un article du Devoir qui semble ramener les choses à leurs proportions correctes. Il était évident qu'un vocable comme "Charte des valeurs québécoises" allaient soulever l'ire de maints individus. On a l'impression d'avoir affaire à des amateurs. Le vocable en soi est d'une arrogance digne d'Israël qui décide de qui est Israélien. Lorsqu'on est une majorité, on a tendance à se péter les bretelles face aux autres et imposer ses prérogatives. Soit, mais lorsque l'on sera une minorité dans quelques décennies, on nous resservira notre plat froid. L'une des valeurs québécoises les plus importantes justement est de disparaître tranquillement parce que ceux/celles qui brandissent les valeurs québécoises sont les mêmes qui font en sorte qu'il n'y a pas renouvellement de générations parce qu'ils/elles veulent avoir absolument raison.

Libellés : , , , , , ,

Charles Taylor, encore plus en colère que moi

Charles Taylor
Je me rends compte avec délice que je ne suis pas le seul à être véhément envers Pauline Marois et le PQ concernant cette foutaise de "Charte des valeurs québécoises". Charles Taylor n'y va pas avec le dos de la cuillère non plus, en disant « La question est de savoir qui va rédiger cette charte. Si c'est rédigé par l'Assemblée nationale actuelle, je n'en veux pas. Ce sont des gens qui ont des idées tellement bornées…dans la plupart des cas. Ça me fait pleurer comme Québécois d'entendre ce qu'eux entendent par laïcité. ». Ouch! Il a tenu ces propos à l'émission Second regard diffusée le 17 janvier 2010, alors qu'il participait au Congrès de l'American Academy of Religion qui se déroulàit à Montréal.
Solange Lefebvre
Dans cette même émission Solange Lefebvre, titulaire de la Chaire Religion, culture et société de l'UdeM et longtemps chroniqueuse de religion au Devoir, trouve qu'il manque une instance au Québec pour traiter de la question, une sorte de commission multidisciplinaire qui réunirait des gens reconnus dans leurs milieux afin de définir de quoi on parle et d'établir les paramètre d'une code.
Je suis bien d'accord qu'il ne faut surtout pas laisser ça entre le mains de la plupart de ceux et celles qui sont à l'Assemblé nationale, qu'ils soent les représentant élus ou pas du peuple, ils sont aussi nuancés que des chars d'assaut. Ce ne sont pas des enjeux à laisser entre les mains des barbares et des opportunistes qui virent de bord selon le vent de la populace. Il faut des gens de sagesse, ce que l'on refuse désormais dans la société québécoise parce que tout se vaut, tant une cochonnerie de Wal Mart qu'un essai en littérature ou quoi que ce soit.

Libellés : , , , , , ,

samedi 31 août 2013

L'usage erroné du mot "valeur" pour dire comportement, conduite

Non seulement la seule idée d'une "Charte des valeurs québécoises" me tape sur les nerfs royalement mais l'usage même du mot "valeur" est en soit totalement inapproprié ici. Il faudrait d'abord définir ce que l'on entend par "valeur" et m'expliquer en quoi les "valeurs" québécoises sont si différentes de celles du reste des habitants de la planète à tout le moins du monde soi-disant libre. Je ne suis aucunement Trudeauiste, mais il existe déjà des chartes canadienne et québécoise qui établissent assez clairement ce que sont nos "valeurs". Ce que veut le PQ c'est un code de conduite. Rien de plus. Alors appelons ça le code de comportement des individus sur la place publique, même si la chose est en soi superflu. Le code civil établit déjà en des milliers d'articles la façon qu'il est acceptable de se comporter en société.
Figer des règles de conduite sur tout a un côté pervers. On le voit bien. Depuis des centaines d'années les us et coutumes ne cessent de changer, d'évoluer. J'ai trouvé cet article (pdf) intéressant dans un numéro de la revue  Planète qui paraissaient en France dans les années 60.
C'est l'histoire d'un éditeur américain qui se fait poursuivre par l'État en 1963 et qui est condamné à 5 ans de prison avec sursis et à 42 000 dollars d'amende pour avoir publié des photos de nudité représentant un noir et une blanche.
Aujourd'hui c'est l'État qui serait condamné pour poursuivre quelqu'un qui publierait un tel article! Je ne suis pas sûr que ni l'Iran, ni l'Arabie Saoudite ait un code de conduite en public avec la vestimentation requise. Cela est du tacite. Ce sont des coutumes qui "valent" ce qu'elles valent surtout pour les femmes. C'est ignoble à nos yeux. L'est-ce vraiment aux leurs? N'achète-t-on pas la paix sociale localement en s'y conformant?
Dans cette "charte québécoise des valeurs" qui devrait s'appeler un "code de comportement sur la place publique" (et encore ces articles pourraient simplement être ajoutés au Code civil au lieu d'en faire un plat.), on fait de la discrimination en partant car il y a bien des comportements de Québécois de souche qui sont encore plus répréhensibles que le port d'un niqab. Alors si on veut se mettre le doigts dans le collimateur, allons-y gaiement et incluons tout ce qui nous irrite, pas juste un pièce de vêtement. Cessons d'être de purs hypocrites. Je ne dis pas que je n'accepte pas que l'on statue sur le port du niqab, je dis que nous devrions aussi en finir avec d'autres comportements québécois de souche qui sont inexcusables mais qui sont dans les moeurs de notre si belle culture désormais et qui causent bien plus de dommages que le niqab. Franchement!
Quelques exemples? OK
La spéculation immobilière est-elle une valeur québécoise? Que quelques individus hommes et femmes achètent et vendent à tour de bras des immeubles et les revendent en gonflant les prix causent des difficultés sans nom. L'augmentation indue des loyers appauvrit ceux et celles qui doivent les subir. Cela change considérablement la vie des quartiers au point d'en chasser les habitants pour les remplacer par de mieux nantis. Lorsqu'en plus on refuse de construire des logements à prix abordables, on est complice de cette situation: on oblige ceux qui devraient en bénéficier à se ruiner. Certains politiciens sont aussi des spéculateurs immobiliers et refuseront de voir une partie de la population échapper à leurs activités de profiteurs.
Accorder un permis de coupe forestière dans un parc est de l'ordre de l'ignominie. Comment se fait-il que l'on autorise une telle chose. Cela fait-il partie des valeurs québécoises d'être de purs imbéciles?
Les exemples pleuvent sur tous les fronts des malversations des Québécois de souche qui ne portent pas de niqab mais qui se couvrent de honte de par leurs comportements incivils.
S'il y a "crise de valeurs morales" au Québec, c'est bien de ce côté-là qu'il faudrait regarder. Il y a désormais un terrorisme d'État où l'on est obligé de subir les manigances des maints lobbies. L'assurance-médicaments est un des pires actes orchestrés par l'État nous obligeant non-seulement à y adhérer mais à débourser bon an, mal an plus de 15 milliards de dollars que l'on remet sur un plateau d'argent (sans jeu de mot)  aux compagnies pharmaceutiques, en plus de payer les médicaments!
La liste est longue dans le domaine des ressources naturelles des malversations de l'État par l'autorisation de la destruction d'écosystèmes en notre nom et sans que l'on puisse y faire grand chose. Cela semble faire partie de ces "valeurs québécoises" de merde. Tout n'est pas mauvais. Ce n'est pas ce que je tente de signifier ici. Au contraire, nous avons de bon côté :) mais cessons d'être hypocrites et de choisir seulement ce qui fait notre affaire.
Avec l'inexorable vieillissement de la population (nous en sommes à une moyenne de 45 ans) et le taux de dénatalité (ici comme dans la plupart des pays européens et au Japon), il ne restera tout au plus qu'une petit million de Québécois dit de souche dans une centaine d'années. Préparer l'avenir c'est aussi concevoir une forme d'accueil pour ceux et celles que l'on fait "entrer". Pas juste deux, trois cours de COFI mais permettre aussi aux diplômés en médecine et autres professions de trouver leur place dans notre "belle" civilisation. De toute façon, même moi qui suis Québécois de souche de sans doute 10e génération (1664) ne trouve pas trop ma place dans cette société québécoise dont les seules "valeurs" désormais semblent être que l'argent et l'accumulation d'une quantité inénarrable de cochonneries achetées chez Wal-Mart.

Libellés : , , , ,